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Les agents privés non financiers ont accru leurs avoirs à l’étranger en 2020

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De 2019 à 2020, tout en restant positif (exportations de capitaux), le solde des « autres investissements » diminue d’une trentaine de milliards (de 47 à 16, Graphique 4). Cependant, la diminution du solde des autres investissements et la progression des achats des actions françaises par les non-résidents (l’essentiel de la courbe noire « engagements » du graphique 3) ne compensent pas l’accroissement des avoirs nets des engagements sur l’étranger du secteur privé non bancaire français et le solde des transactions courantes devenu plus fortement négatif. Un autre secteur doit donc s’endetter fortement.

Les administrations publiques se sont davantage endettées auprès du reste du monde

En 2020, dans un contexte de forte augmentation des émissions nettes, les non-résidents ont procédé à des achats nets importants de dette publique française, à hauteur de 86 milliards d’euros après 56 milliards en 2019, moins importants cependant que lors de la crise financière de 2008 (la courbe du Graphique 1, rouge pointillé). Au total, le taux de détention par des non-résidents de la dette publique non détenue par la Banque de France est en progression à 63 % à la fin 2020 (voir fiche 2 page 20 du rapport annuel de la balance des paiements). Cette évolution contraste avec celle de 2016 à 2018 où des résidents, dont la Banque de France, ont acheté plus de titres publics français à des non-résidents que ceux-ci n’en ont acquis auprès des résidents, de sorte que le solde net sur la dette publique française était positif.

A contrario, alors que les résidents français hors banques procèdent habituellement à des achats nets de dette publique étrangère (notamment via les assurances et les organismes de placement collectif non monétaires, qui sont dans les « autres » secteurs de la balance des paiements), l’année 2020 a été caractérisée par des ventes nettes d’environ 20 milliards.

Le système bancaire français a cessé de s’endetter auprès du reste du monde

En 2020 comme en 2019, le système bancaire français (IFM dont Banque de France et opérations sur produits financiers dérivés, qu’elles soient initiées par des banques ou d’autres institutions financières, courbe bleue du Graphique 1) a quasiment cessé de s’endetter auprès du reste du monde. Les années précédentes il assurait le bouclage financier des opérations des autres agents par augmentation de son endettement. Ses achats nets comme ses émissions nettes ont continué de progresser, la hausse des premiers étant supérieure à celle des seconds (+19 % contre +12%).

En conclusion, le financement du déficit des transactions courantes et des exportations de capitaux du secteur privé non bancaire a été assuré par les entrées de capitaux au titre des achats de dette publique par les non-résidents, puisque le système bancaire français ne s’est pas endetté en 2020. L’année dernière a été marquée par un creusement exceptionnel du déficit public alors que le secteur privé non financier, ménages et sociétés non financières, a connu une très forte augmentation de sa capacité de financement (voir crises de 2009 et 2020, des trajectoires divergentes de solde extérieur). 

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