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Les leçons du plan Marshall pour le plan de relance européen

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Note : Aides en $1948 et €2020 rapportées aux PIB de 1948 et 2020, investissements du plan de relance estimés sur la base des PNRR. Dans le cas du dernier plan européen, il s’agit de prêts et subventions disponibles.

Deux plans de tailles comparables, mais de natures différentes

Entre 1948 et 1952, le plan Marshall a permis le transfert des États-Unis vers seize pays européens – hors bloc soviétique – d’un montant de près de 10,5% du PIB de ces derniers. Aujourd’hui les mesures prises par l’Union européenne face à la crise sanitaire – versements potentiels dans le cadre du plan de relance NextGenerationEU (NGEU) et des mesures de soutien d’avril 2020 (SURE, MES et BEI) – représentent des initiatives d’une ampleur similaire, de près de 10,1% de son PIB. Les niveaux des investissements de long terme permis par le plan Marshall et prévus dans NGEU sont également très proches (Graphique 1), autour de 4% du PIB.

En revanche, la composition et l’origine des financements diffèrent fortement. Le plan Marshall est constitué à près de 90% de subventions et de 10% de prêts et est financé de l’extérieur par les États-Unis. Le plan européen a une composition plus mixte avec potentiellement 54% de prêts, 31% de subventions et 15% de garanties dont le financement est assuré au niveau de l’UE.

Les deux plans s’inscrivent dans des contextes très distincts. En 1948, les bénéficiaires du plan sortent d’une économie de guerre centralisée et sont confrontés à des problèmes d’instabilité monétaire et de déficits budgétaires et des balances courantes (Bossuat, 2008 ; Crafts, 2011). À ce contexte macroéconomique, rendant particulièrement difficiles les financements nécessaires à l’investissement et la reconstruction (Eichengreen et Uzan, 1992), s’ajoutent des risques politiques et sociaux importants, dont la crainte d’un basculement dans le bloc soviétique. NGEU vise, pour sa part, à soutenir les États dont les finances publiques ont été fortement contraintes par la crise sanitaire dans leur reprise économique et leur processus de réforme, ainsi que dans le financement de leurs transitions écologique et numérique.

Malgré des contextes différents, les deux plans ont en commun de faire face à une double exigence de stabilisation macroéconomique et de renouvellement des équipements et infrastructures en allouant les financements aux pays en difficultés où des investissements sont particulièrement nécessaires (Graphique 2). Ces derniers sont identifiés à partir des données du Mutual security program, pour le Plan Marshall et des données des Plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR) qui définissent les projets d’investissements (capital fixe, humain et naturel) devant être mis en œuvre jusqu’en 2026.

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