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des clubs absents en Ligue des champions, une sélection à la dérive… Où en est le football grec ?

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Quel est le point commun entre la Turquie, la Suède et la Moldavie ? Tous ont placé un représentant en phase de poules de l’actuelle Ligue des champions. Le fait peut paraître anodin, mais ces pays, en dépit de leur position basse au classement UEFA (19e, 23e et 33e), ont fait mieux que la Grèce. Éliminé au 3e tour de qualifications, l’Olympiakos n’a pu atteindre les poules.

Ce petit séisme pour la République hellénique, absente pour la deuxième fois à ce stade au XXIe siècle, illustre le déclin continu du football grec. Le PAOK, en déplacement à Marseille en quarts de finale de Ligue Europa Conférence, jeudi 7 avril, en est le seul rescapé sur la scène européenne.

Tomorrow’s venue from our plane window #UECL #PAOK #OMPAOK #Reloaded

P.S. Just landed! pic.twitter.com/GUz9mVYsyW

— PAOK FC (@PAOK_FC) April 6, 2022

Même s’il a souvent été présent en Ligue des champions, l’Olympiakos n’y fait que de la figuration et n’a plus atteint les huitièmes depuis 2013-2014. Sur les trois dernières éditions, il n’a gagné qu’à deux reprises. Pire, lorsque l’AEK Athènes l’a relayé, en 2018-2019, il s’est fendu d’un embarrassant zéro pointé. « La crise financière [en 2008] a fait valser la puissance financière des clubs », pointe Martial Debaux, journaliste spécialiste du football grec pour le média Footballski.

Le constat est sans appel : jusqu’en 2007, la Grèce disposait de deux tickets directs pour les poules de C1. Les résultats en berne ont même eu raison du seul sésame pour la phase de groupes en 2016. Désormais, le champion grec doit passer par des tours préliminaires. « Le mercato et la préparation commencent beaucoup plus tôt, le simple fait d’aller en poules est très difficile », poursuit le spécialiste. L’an passé, l’Olympiakos avait surmonté trois tours de barrage pour rejoindre les poules, et finir dans celle de Manchester CIty, Porto et Marseille, directement qualifié pour les groupes.

Comme un cercle vicieux, ces difficultés sont la conséquence de politiques sportives datées. « Les clubs empilent des joueurs âgés et n’ont pas pris le wagon du football moderne, basé sur l’achat-revente de jeunes », développe-t-il. Un simple coup d’œil à l’effectif de l’Olympiakos corrobore ses propos : Kenny Lala, Yann M’Vila, Mathieu Valbuena ou Youssef El-Arabi, vieilles connaissances de Ligue 1, sont tous trentenaires. Même s’ils restent compétitifs, impossible d’en tirer une plus-value financière.

Leur présence freine, d’une certaine manière, l’émergence des jeunes hellènes. « Les clubs ne leur font pas assez confiance : à 21 ou 22 ans, ils n’ont pas d’expérience pro », déroule Martial Debeaux. La sélection pâtit directement de ces retards à l’allumage. Victorieuse de l’Euro 2004 à la surprise générale, la Grèce avance depuis au petit trot.

« Philosophiquement, les Grecs donnent l’impression de penser que tout passe par l’identité défensive, avec des guerriers sur le terrain »

Martial Debeaux, spécialiste du football grec pour Footballski

à Franceinfo: sport

Outre l’exploit de 2004 conduit par Otto Rehhagel, le Bateau Pirate a connu quelques coups d’éclat. Au Mondial 2014, la sélection s’est arrêtée aux portes des quarts de finale et était pilotée par le très rigoureux Fernando Santos. Mais depuis, c’est le calme plat. La Grèce ne s’est plus qualifiée pour une grande compétition, et ce même si l’Euro s’est, entre temps, élargi à 24 équipes.

La thèse du creux générationnel peut aussi être mobilisée. Les vieux briscards Kostas Manolas et Sokratis sont sur le déclin, et le gardien Odysséas Vlachodimos est le seul titulaire dans un club de grande envergure, à Benfica. Passé ce constat, le football grec est-il vraiment dans la panade ? La violence endémique autour des clubs n’aide pas. Les images du président du PAOK muni d’un pistolet sur un terrain en 2018 ont fait le tour du monde. Envahissements de terrains ou bagarres en tribunes sont tellement fréquents que le ministère des Sports a annoncé en février la fermeture de tous les groupes de supporters.

Des motifs d’espoir subsistent, quand même, au milieu de ce marasme. « L’Olympiakos a fait une avancée psychologique en gardant son coach Pedro Martins, même s’il n’a pas été champion en 2019. Il termine désormais sa quatrième saison, c’est du jamais vu ! », poursuit Martial Debeaux. Surtout, le fameux coefficient UEFA se redresse. Sur la saison, la Grèce compte plus de points de plus que la Suisse, l’Ecosse et la Belgique, pourtant mieux lotis sur les cinq dernières années.

L’épopée du PAOK en Ligue Europa Conférence n’y est pas étrangère. Dans cette compétition, les clubs helléniques ont les moyens de rivaliser et viser, au moins, les quarts de finale. Méconnu en France, le club de Salonique a éliminé La Gantoise au tour précédent. En plein développement, l’équipe entraînée par Razvan Lucescu va prochainement se doter d’un nouveau stade moderne. Le symbole d’un football grec avançant à son rythme. 

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